Évaluation de l’exposition aux particules ultrafines à Paris et de leur impact sur la santé

Caractéristiques

Responsable scientifique E. Lequy
Organisme de rattachement Inserm & Université Paris Cité
Laboratoire / Lieu Villejuif
Année de dépôt 2024
Type de projet Données uniquement

Contexte

Les particules fines (PM2.5) ont des effets délétères sur la santé. La fraction des PM2.5 définie comme des particules ultrafines (<0,1µm) pourrait expliquer, au moins en partie, les associations observées entre les PM2.5 et de nombreux effets sur la santé. Si les particules ultrafines contribuent peu à la masse des PM2.5, elles contribuent en revanche fortement à leur nombre et à leur surface, et elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons, la circulation sanguine et les organes lorsqu’elles sont inhalées. Pourtant, en France, aucune surface d’exposition aux particules ultrafines n’a été développée. Cela entrave notre capacité à estimer l’exposition aux particules ultrafines dans le cadre d’études de grande envergure en population générale. Le développement de surfaces d’exposition aux particules ultrafines permettrait de réaliser des études épidémiologiques à ce sujet dans de grandes cohortes en population, comme Constances, la plus grande cohorte de population française avec ~220 000 participants, dont 34 139 à Paris.

Objectifs

Ce projet vise à :

  • Produire des surfaces d’exposition aux particules ultrafines originales pour la cohorte Constances selon trois étapes :
    • Mener des campagnes de mesure des particules ultrafines dans un grand nombre de sites couvrant Paris dans de nombreux quartiers pendant deux semaines, en été et en hiver, afin de caractériser les niveaux de particules ultrafines, provenant de différentes sources, dans des conditions météorologiques contrastées ;
    • Construire des modèles de régression de l’utilisation des sols (LUR), c’est-à-dire inclure des variables d’utilisation des sols ou d’autres données spatiales comme variables explicatives, et utiliser des méthodologies avancées pour dériver des surfaces d’exposition à long terme aux PUF en haute résolution spatiale en été, en hiver et sur une moyenne annuelle ;
    • Rétro-extrapoler les surfaces d’exposition jusqu’en 2012 (première année d’inclusion de Constances) sur la base des données existantes sur la pollution de l’air mesurée et modélisée (par exemple, ELAPSE-ESCAPE ou des modèles de dispersion chimique).
  • Comparer les valeurs mesurées et modélisées de l’exposition aux particules ultrafines dans Paris avec :
    • Celles d’une étude analogique multi-saisonnière à Montréal, Québec ;
    • Les niveaux de plusieurs métaux liés aux particules ultrafines provenant de mesures dans les mousses urbaines à Paris en 2018.
  • Analyser les associations entre l’exposition à long terme aux particules ultrafines et la santé cardio-respiratoire chez les participants parisiens de Constances.

Méthodes

La méthodologie se base sur une étude menée à Montréal, Québec, Canada, pour développer des surfaces d’exposition aux particules ultrafines suivant un protocole de collecte de données sur sites fixes, à court terme, étalé sur deux saisons, pour prendre en compte les variations d’humidité, de température et de sources de particules ultrafines extérieures. Cela permettra de comparer les données de ce projet à celles obtenues à Montréal. Cette comparaison entre Montréal et Paris, deux villes dont la population est de taille similaire mais dont l’aménagement urbain et le climat sont très différents, sera la première du genre et ouvrira la voie à une compréhension plus précise des déterminants des concentrations extérieures de particules ultrafines. Les comparaisons avec les données des stations de surveillance d’AirParif depuis 2019 aideront également à comprendre les tendances temporelles et faciliteront la rétro-extrapolation dans le temps de la surface d’exposition. La comparaison avec les concentrations en métaux obtenues par la biosurveillance des mousses à Paris, dans une tentative de validation croisée de plusieurs méthodologies, permettra de mieux estimer l’exposition à des métriques alternatives aux PM2,5.

Perspectives

Bien que développées et appliquées à la ville de Paris, les méthodes seront applicables à d’autres contextes urbains français. Ce projet fera progresser les connaissances scientifiques et de santé publique de plusieurs manières. En ce qui concerne l’exposition, il contribuera à élucider les questions méthodologiques relatives à la mesure et à la modélisation des particules ultrafines, fournira des données sur l’exposition d’une grande population urbaine et permettra de comprendre les facteurs déterminant les niveaux de particules ultrafines à Paris, afin d’aider à concevoir des stratégies d’atténuation des particules ultrafines et de leurs possibles effets sanitaires. En ce qui concerne la santé, ce projet commencera à explorer les effets des particules ultrafines via la santé cardio-respiratoire et respiratoire (maladies pulmonaires obstructives et hypertension). Enfin, il fournira un outil unique pour la recherche sur le rôle departicules ultrafines dans l’étiologie de plusieurs maladies, d’abord dans la cohorte Constances, et dans les études nécessitant ces données d’exposition, dans un contexte de science ouverte.

Informations réglementaires

Responsable de traitement

Le traitement des données est placé sous la responsabilité de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), responsable du traitement des données à caractère personnel, situé au 101 rue de Tolbiac, 75 013 Paris – www.inserm.fr.

Délégué à la protection des données

Pour la cohorte et le projet : Déléguée à la protection des données de l’Inserm, dpo@inserm.fr ou 101 rue de Tolbiac, 75 013 Paris.

Base légale du traitement et recours à des données dites sensibles

Le traitement de données personnelles nécessaire à la mise en œuvre de cette étude répond à l’exécution d’une mission d’intérêt public dont est investi l’Inserm et nécessite le traitement de données personnelles de santé à des fins de recherche scientifique.

Catégories de données concernées par les traitements

Les données de santé et relatives à la santé, relatives aux caractéristiques sociodémographiques et socio-économiques, aux comportements et habitudes de vie, et à l’environnement résidentiel.

Destinataires ou catégories de destinataires des données à caractère personnel

Dans le cadre de cette recherche, les données seront transférées à la responsable du projet, chargée de recherche à l’Inserm (Institut public), France. Ce transfert est nécessaire à la réalisation des analyses statistiques menées par l’équipe UMS 11.

Durée de conservation en base active des données à caractère personnel

Les données seront conservées dans les systèmes d’information sécurisés du responsable de traitement d’avril 2025 à mai 2027. Elles seront ensuite définitivement supprimées.

Droits des personnes concernées et modalités d’exercice de ces droits

Les données nécessaires à ce projet sont traitées conformément au Règlement général relatif à la protection des données « RGPD » (Règlement (UE) 2016/679 du Parlement européen et du Conseil du 27 avril 2016) et à la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés. L’ensemble des droits et les moyens pour les exercer sont disponibles sur « Espaces Volontaires » « Droits et protection des données ». Il est également possible de s’adresser au responsable de traitement de ce projet, par l’intermédiaire de son/sa déléguée à la protection des données DPO (coordonnées indiquées ci-dessus).